Congrès de Grenoble : relevons le MJS

8 octobre 2009 - Leave a Response

Texte écrit dans la cadre du 9e Congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes qui aura lieu à Grenoble du 20 au 22 novembre 2009.

La RelèveDepuis plusieurs mois et pour encore quelques semaines, les jeunes socialistes vivent le neuvième congrès de leur organisation autonome. Pour la première fois, le début d’un congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes aura rassemblé l’organisation toute entière sur la question de son propre devenir : le MJS tel qu’il existe aujourd’hui ne peut plus répondre aux défis qui s’annoncent. L’heure de sa mutation est venue. Si nous le pensons depuis longtemps, les évènements de ces derniers mois n’ont pu que faire apparaitre un mouvement à bout de souffle, et le début de ce congrès en est l’illustration.

Comment effectivement ne pas faire le même constat ? Notre organisation manque de grands combats rassembleurs et audibles, le faible nombre de nos adhérents nous désarme, notre fonctionnement nous paralyse et remet souvent en cause les conditions indispensables de notre vivre ensemble. Si nous n’agissons pas, ce congrès pourrait être le dernier de notre organisation.

Faudrait-il s’y résigner ? Ou encore s’en réjouir ? Non. Plus que jamais, nous pensons qu’une organisation de jeunes socialistes est une nécessité pour donner à tous ces jeunes qui nous attendent la capacité de croire et de construire un autre avenir. Nous croyons plus que jamais en la possibilité d’une organisation ouverte, pluraliste, activiste, qui assume sa diversité et tienne un rôle majeur dans la famille des progressistes. Bref, d’un MJS qui retrouve en lui-même la capacité qu’il a toujours eu d’être présent lors d’un grand rendez-vous, celui de faire gagner la gauche en 2012.

Si cette situation n’est pas le fruit du hasard, l’heure n’est pas – nous semble-t-il – à une confrontation dure et sans issue des uns contre les autres, sur des procès en responsabilités et en anti-rénovation. L’affirmation d’une rénovation nous est commune, mais elle peut pas suffire. Personne n’en sortirait grandi, les postures se caricatureraient et toutes les avancées possibles pourraient être balayées d’un revers de main ; renvoyant à jamais cette occasion historique. C’est donc par notre responsabilité collective, notre créativité et nos ressources les plus profondes que nous trouverons les moyens de créer ce nouveau Mouvement que nous appelons tous de nos vœux. Nous y croyons, à la condition que nous y parvenions ensemble, dans la franchise, sans a priori ni stigmatisation, en mouvement, pour le Mouvement.

Laurianne Deniaud s’est exprimée il y a quelques jours sur son blog. Nous saluons sa démarche de transparence. Connaissant sa volonté de refondation, nous voulons croire en sa sincérité. C’est pourquoi, aujourd’hui, en toute franchise, nous lui disons « chiche ? ».

Oui, nous partageons la nécessité d’un MJS fonctionnant en réseaux, et nous pensons que la création de relais et d’une coordination de l’action des jeunes socialistes dans les lycées, les facultés et les entreprises où ils travaillent est une bonne chose pour l’organisation. Nous devrons nous y engager pleinement et l’assumer. Oui, une procédure d’adhésion facilitée et notamment via internet est le passage indispensable à la formation d’une organisation de masse. Mais elle ne sera profitable à l’organisation que si elle se met en place dans un esprit de rigueur, de transparence et de sincérité. Oui, l’élaboration d’outils de communication interne et externe pertinents et efficaces est la condition d’une organisation fédératrice de tous les jeunes socialistes, où chacun aura la parole.

Mais, si ces éléments vont dans la bonne direction, si nous ne pouvons que les partager, la conviction que nous y mettrons ne comblera pas l’ambition qui pourrait nous manquer dans leur réalisation. Si elles annoncent la volonté d’une organisation en mouvement, ces propositions ne suffisent pas, selon nous, à être à la hauteur des enjeux et des défis de demain. C’est pourquoi nous formulons aujourd’hui des propositions. La première d’entre elles et de créer les conditions d’un Mouvement des Jeunes Socialistes qui pèse fortement dans la société.

Aujourd’hui peut-être plus qu’hier, nous ne pouvons nous résigner à voir cette société créer toujours plus d’exclus. Le premier combat des socialistes est la justice, et donc la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion. C’est ce combat que nous devons mener. C’est celui-là qui doit nous permettre de fédérer. Il doit être le prisme de notre action.

Notre bataille commune, c’est d’abord lutter contre l’exclusion sociale. Notre révolte aujourd’hui, c’est le nombre croissant de sans-abris, de marginalisés, d’ignorés, de tous ces oubliés de la République. Notre révolte, c’est celle de la précarité de trop de jeunes, et en premier lieu de celles et ceux qui acceptent l’insupportable : conditions de travail inacceptables, prostitution étudiante, etc. Notre bataille, c’est aussi celle contre l’exclusion économique. Nous ne supportons plus cette société capitaliste, à cette société d’héritier, qui laisse une minorité de rentiers s’attribuer des super bonus quand d’autres devront se contenter toute leur vie de commencer leur fin de mois dès la première semaine. C’est parce que cela nous indigne que nous voulons que des éléments de radicalité soient mis en place. C’est aussi combattre l’exclusion scolaire, lorsque chaque année des dizaines de milliers de jeunes quittent le milieu éducatif sans diplôme. Ce sont aussi les exclusions sanitaires, rendant inacceptable que des gens puissent se voir refuser un accès aux soins sur simple critère financier. Au même titre que les conditions carcérales mettent aujourd’hui en péril notre pacte républicain. Enfin, nous ne supportons plus de voir ces hommes et ces femmes mourir sur des barbelés aux portes de nos frontières ou s’entasser dans des camps improvisés. Notre combat doit donc être auprès des exclus de la démocratie, du progrès et du développement, partout dans le monde. Vingt ans après la chute du mur de Berlin, faisons tomber le mur Nord/Sud, abolissons l’Europe forteresse et combattons toutes les dictatures. Dans toutes ces batailles, nos valeurs et nos idéaux sont concernés.

Si ces combats sont indispensables, s’ils sont fédérateurs, nous n’avons jamais véritablement su les porter, au-delà des motions, contributions, résolutions et autres déclarations… reléguant le plus souvent le débat de fond au profit des postures claniques des uns et des autres. Et chacun doit en prendre sa part de responsabilités. Une véritable réflexion de l’organisation, sérieuse, rigoureuse et sans démagogie ni simplisme, semble aujourd’hui s’imposer sur ces thématiques comme sur les autres. L’organisation d’évènements nationaux décentralisés doit être la pierre angulaire d’une telle démarche. L’édition d’un livre diffusé et promu par l’organisation pourrait être envisageable.

S’engager dans une organisation de jeunesse, c’est lui donner du sens. C’est jamais se satisfaire de soi-même ou des acquis du passé. Militer quand on est jeune socialiste, c’est faire vivre et entendre son indignation, c’est lui donner du poids. C’est être audible, proposer des solutions et exiger des décisions. Bref, c’est peser dans la société et l’opinion publique. C’est tutoyer l’histoire.

Nous souhaitons donc que l’organisation mène campagne sur ces différents combats. Mais nous ne pouvons plus nous satisfaire de n’être qu’une machine à tracts et à communiqués. Pour autant, envisager des nouveaux modes d’actions n’a de sens que s’ils sont en cohérence avec le combat que nous menons. Ainsi, les combats contre l’exclusion ne sont-ils pas également ceux nos partenaires ? Ne serait-il pas temps d’organiser des évènements nationaux de toute la jeune gauche sur cette thématique, comme sur d’autres ? Ne serait-il pas pertinent de porter ces combats au sein d’ECOSY ou de la IUSY ? N’avons-nous pas aujourd’hui l’occasion historique de faire vivre le débat entre associations, organisations politiques et syndicales ? Et si le MJS devenait un acteur de la « gauche du quotidien » ? Toutes ces questions, nous les posons, et plus que jamais, nous pensons que notre ambition devra dépasser les nombreuses difficultés et les éventuelles traces du passé.

Personne dans notre organisation ne pourrait franchement s’élever contre de telles propositions. Et pourtant aujourd’hui, sommes-nous encore capables de mener ce chantier ? Engager une bataille, c’est d’abord l’incarner. Si nous en appelons à un nouveau Mouvement des Jeunes Socialistes, si nous militons pour une organisation ouverte, pluraliste et activiste, c’est parce que nous pensons que c’est ce dont les jeunes socialistes ont besoin pour incarner ces campagnes. Nous sommes convaincus qu’une organisation ouverte et transparente, qu’un accès libre et facile et qu’un fonctionnement démocratique sont les conditions sine qua non d’une organisation de masse et d’un rassemblement le plus large possible. C’est la condition des victoires de toutes nos « batailles culturelles ». Et c’est en cela que nous en appelons aujourd’hui à un accord unanime et concret sur un nouveau fonctionnement, de nouvelles pratiques et une nouvelle méthode de travail pour l’avenir.

C’est pourquoi aujourd’hui nous sommes prêts à travailler au rassemblement pour faire vivre l’organisation, sur cette base. Mais, puisque l’heure est aux responsabilités et aux engagements, nous en fixons en quelques sortes les conditions. Nous demandons à ce que plusieurs chantiers s’ouvrent. Ils sont les garanties à ce que cette nouvelle machine se lance, si nous le faisons dans les six prochains mois.

1. La mise en place d’une campagne d’opinion

Nous devons rapidement mettre en place une campagne d’opinion qui mette la thématique large de l’exclusion en lumière. Nous devons en faire notre « outil de relance », parce que cette bataille nous paraît essentielle et qu’elle nous permet de s’ouvrir aux autres et d’être audible. Nous proposons notamment que nous sortions du congrès le dimanche avec une campagne forte et fédératrice, que des ponts soient construits avec nos partenaires sur cette campagne et que nous mettions en place l’élaboration d’un livre écrit, promu et diffusé par les militants.

2. Une nouvelle place pour l’adhérent

Nous soutenons depuis longtemps l’adhésion et la réadhésion par internet. C’est la condition d’une organisation de masse et qui sort de l’entre-soi. Mais cela doit s’accompagner d’une véritable réforme de la formation que nous proposons aux adhérents. Plus que des cours magistraux, ce sont des outils d’émancipation que nous devons proposer. Par ailleurs, nous ne pouvons plus nous satisfaire du fonctionnement vertical de nos organigrammes. Quinze ans après l’autonomie politique, le MJS doit proposer l’autonomie militante des fédérations et des adhérents : moyens permettant l’élaboration de campagnes locales, plateforme de coordination des fédérations, possibilité pour chacun de pouvoir créer son groupe local s’il n’existe pas, reconnaissance de la liberté de groupe, etc. Nous pensons plus que jamais que l’échelon local – et notamment régional – est de plus en plus pertinent pour mener des campagnes, et que l’adhérent doit pouvoir y trouver toute sa place.

3. Faire vivre la jeune gauche

Toute le monde revendique la nécessité de faire vivre la jeune gauche. Pourtant, rien (ou presque) ne bouge. Il est grand temps que le MJS prenne toutes ses responsabilités dans la mise en place concrète d’une plateforme de la jeune gauche. Si les difficultés sont réelles, nous ne pouvons s’y résigner. Nous demandons par ailleurs à ce que le MJS soit à l’initiative d’un évènement national annuel (« fête de la jeune gauche ») avec toute la jeune gauche politique, associative et syndicale.

4. Faire campagne à l’étranger

Être militant socialiste ne doit pas se résumer à l’être qu’à l’intérieur de ses propres frontières. Nous demandons à ce que le MJS organise des partenariats avec ses organisations sœurs à l’étranger au-delà d’ECOSY ; pour y envoyer des adhérents mener campagne lors d’élections majeurs y réciproquement, pour faire vivre la jeunesse socialiste européenne, pour y confronter et enrichir nos projets.

5. Créer un média

Nous ne pouvons nous lamenter et nous contenter de notre réel désarmement face à des médias pour la plupart dans la main du pouvoir actuel. Le MJS doit en tirer les conclusions. Parce que nous sommes convaincus que cela pourrait être un outil majeur pour nos batailles, nous proposons à ce que nous soyons à l’initiative de la création d’un nouveau média alternatif dans l’opinion, que nous lui trouvions des financements et que nous en assurions la promotion.

Ces cinq éléments sont quelques unes – mais selon nous les principales – des conditions de notre réussite collective et d’un MJS en reconquête, en particulier pour 2012. Si nous disons « chiche », si nous les posons sur la table publiquement, c’est parce que nous pensons qu’ensemble nous pouvons encore construire cette organisation et que nous sommes convaincus de son fondement. C’est parce que nous l’aimons. Plus que jamais, nous voulons être utiles. Mais nous ne pourrons l’être que si nous avançons tous ensemble, et que si chacun souhaite et peut prendre sa part à ces chantiers.

Les propos que nous tenons, les propositions que nous esquissons n’ont de sens que s’ils se traduisent par des actes, en actes. Si le moment que nous vivons a un aspect historique pour notre organisation, c’est parce qu’il pourrait bien être salvateur. Redonnons du sens à l’engagement. Si nous n’y arrivons pas, l’organisation que nous portons pourrait ne plus avoir de raison d’être.

Par cette démarche, nous voulons montrer notre volonté de rassemblement. Nous voulons fédérer tous ceux qui partagent ces exigences. Si collectivement, nous n’y parvenons pas, nous les porterons par d’autres moyens.

Pour nous contacter : contact@lareleve.eu

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La Relève : le par(t)i du changement

19 juin 2009 - Leave a Response

Contribution déposée dans la cadre du Conseil National du Mouvement des Jeunes Socialistes du 20 et 21 juin 2009.

La RelèveParmi les signataires : Stéphane Séjourné (Secrétaire national), Thibault Delahaye (Secrétaire national), Simon Mandeville (Bureau national), Arthur Clouzeau (Coordinateur régional Poitou-Charentes), Maxance Barré (Animateur Fédéral 86), Julien Parelon (Membre de la CNA 87), Hervé Challeil (Animateur Fédéral 63), Stéphanie Dupont (AF 79), Sacha Houlié (CNA 86), David Bousquet (Membre suppléant de la CNA 38), Lucie Muraire (75) Romain Wolf (75), Guillaume Dedieu (Collectif fédéral 34), Alain Thébault (75), Amélie Montet (38), Thibault Dumas (Collectif fédéral 75), Etienne Castanet (Responsable de groupe 75)… etc.

Pour nous contacter et/ou signer : contact@lareleve.eu

Pour la jeunesse européenne, le résultat du scrutin du 7 juin est redoutable. Fortement abstentionniste, elle n’a trouvé de débouchés politiques aux luttes sociales qui ont pu être menées au cours de l’année passée. Face à la crise du système, un blanc-seing est donné à ceux qui en sont la cause et qui n’y apportent que des réponses conjoncturelles. Plus que jamais, le combat politique, pour la justice sociale, au niveau européen, est un impératif. Nous ne pouvons nous satisfaire de la révolte, nous ne pouvons nous satisfaire de la colère, du désenchantement, si nous ne donnons pas les moyens à chacun de s’investir dans un projet de société différent.

Plus que l’hypothétique fin de la social-démocratie européenne, ce scrutin marque la nécessité d’un nouveau départ pour une gauche qui, à force de s’observer elle-même, ne s’est pas rendu compte, que plus personne ne la regardait.

C’est pourtant la gauche qu’il faut rebâtir aujourd’hui. Non pas simplement comme un amas de forces électorales, qu’il s’agit d’unir ou de comparer sur un gradient quelconque donnant, selon le moment, la légitimité historique, idéologique ou populiste. L’union de la gauche n’est pas un slogan que l’on doit ressortir quand nous sommes faibles seuls, mais l’aspiration de faire que tous les progressistes, ensemble, soient forts. La responsabilité du MJS dans ce défi est immense : en tant que principale organisation politique de jeunesse, elle devra y prendre sa charge. Le prix de cet engagement est plus lourd qu’un simple « dépassement » dans les mots ou dans les discours.

Le contexte est celui d’une crise. Pas seulement financière, bancaire, monétaire, économique, géopolitique ou environnementale… cette crise, c’est celle de l’interdépendance des pays, corollaire à l’affaiblissement de l’Etat. Sortir de cette situation nécessite la mise en place d’instruments de régulation à l’échelle mondiale. Eux seuls peuvent garantir l’équilibre entre les Etats, la paix, la sécurité économique et écologique. De même, le renforcement des pouvoirs publics doit être considéré comme le moyen de préserver les libertés individuelles, de lutter contre le repli communautaire et de garantir la justice sociale.

I. L’urgence européenne

Prendre possession du terrain de jeux politique européen

La bataille électorale est finie, celle des idées commence. Comment milite-t-on pendant cinq ans au niveau européen, ensemble, et en particulier où la droite a été majoritaire ? Comment se lamenter en France, quand en Roumanie, l’extrême droite fait 27% ? Avant qu’il ne soit trop tard, parce qu’une victoire de la gauche uniquement en France serait inutile, faisons nôtre le terrain de jeux politique européen. La « bataille culturelle », c’est là qu’elle se mène. Le seul combat est contre le conservatisme, la réaction, le communautarisme et la reproduction sociale.

Comment incarne-t-on aujourd’hui l’alternative, le progressisme et l’espérance ? Comment s’inscrit-on dans les nombreuses batailles politiques à mener au niveau européen ? Faut-il réformer ECOSY ? Sans doute. Y prendre toute sa part ? Certainement.

Mais pourquoi ne pas aller au-delà ? Exigeons et soyons à l’initiative de la mise en place d’assises européennes de la jeunesse, avec les mouvements de jeunesses, les organisations militantes, les associations. Notre responsabilité est de faire comprendre que les enjeux, les aspirations et les combat sont les mêmes de chaque côté du Rhin comme au-delà du détroit des Dardanelles.

Cette bataille militante nous pouvons la mener, parce que nous sommes socialistes. Ces objectifs, nous pouvons les atteindre, parce que nous sommes sociaux-démocrates et réformistes.

Sociaux-démocrates et réformistes

La question de la social-démocratie est essentielle. Elle sert de bouc émissaire pratique. Mais comment peut-on avoir dénoncé les Zapatero ou les Schroeder d’hier, clamant que nous n’étions pas comme eux, et aujourd’hui, dans la défaite, dire que c’est parce que nous sommes comme eux que nous n’avons pas gagné ? La réalité est que nous n’avons jamais voulu nous engager dans la social-démocratie européenne. La réalité, c’est qu’elle n’a jamais véritablement existé. Notre responsabilité n’est-elle pas d’avoir abandonné ce combat d’idée pour finalement dénigrer une « étiquette » qui aujourd’hui pourrait sembler usagée ?

Ce sont des mots dont nous avions peur. Le premier d’entre eux est le réformisme. Ce qui doit caractériser le socialisme, c’est l’intensité de son réformisme. Il y a donc des réformes fortes, simples, intelligibles par tous, qui transforment une société : ce sont celles-là qui sont attendues des socialistes. Ce sont celles-là qu’ils ont su faire aboutir en abolissant la peine de mort, en votant la décentralisation, en bâtissant l’union monétaire en Europe ou en instaurant les 35 heures. C’est de cette ambition que nous devons nous revendiquer. Nous n’avons jamais réussi à l’assumer réellement tant au niveau français qu’européen.

II. Construire un projet socialiste, démocratique et européen

Faire émerger un projet novateur et crédible

Malgré les enjeux portés par une alternative face au libéralisme, par la social- démocratie, le constat est alarmant.

La vraie question est notre capacité à incarner durablement, pour le plus grand nombre, une alternative face à un système qui produit plus d’inégalités que de richesses, plus de souffrances que de progrès, plus de tensions que de coopération. Or, aujourd’hui, nous n’incarnons ni l’alternative, ni l’alternance.

Ce système se nourrit d’un désintérêt cyclique des masses pour l’action politique. C’est à nous de redonner un sens au changement démocratique. Le dénouement des dernières élections européennes a montré que les forces progressistes n’ont pas su apporter de réponses crédibles aux montées du protectionnisme, nationalisme et au repli sur soi. Le désaveu dans les urnes ne peut dès lors apparaitre comme une surprise. Il reflète, au contraire, largement notre incapacité à mobiliser, jusqu’à notre propre électorat.

Si le premier combat de la gauche est celui de la lutte contre les inégalités, elle ne peut faire l’impasse sur l’élaboration d’un projet de société et l’incarnation dans de nouvelles luttes lui permettant de dépasser ce qui aujourd’hui la divise.

Unir la gauche

L’union de la gauche n’est pas une seule question d’arithmétique électorale. Et c’est précisément pour cela qu’elle ne peut se faire avec les partis ou les individus qui par le passé ont gouverné avec la droite. De la même manière, elle n’a de sens que si elle incarne une alliance de gouvernement excluant, dans le principe, ceux qui aujourd’hui se revendiquent d’un autre combat que celui de la démocratie.

L’union de la gauche doit se faire sur l’élaboration d’un projet politique commun qui ne saurait être seulement l’addition des spécificités de chacun mais le développement d’aspirations communes.

L’union de la gauche, ce n’est pas une conduite stratégique hasardeuse. Cela doit être un engagement durable, fondé et forgé grâce à une pratique et un horizon politique communs, comme cela peut déjà être le cas là où nous sommes déjà en co-responsabilité. L’alliance purement électorale, ne pourra aboutir qu’à de nouveaux déchirements.

Passer des paroles aux actes ?

Plus que jamais, les propos que nous tenons, les propositions que nous esquissons n’ont de sens que s’ils se traduisent par des actes. Il existe des changements de pratiques politiques permettant de faire changer la gauche.

Le non-renouvellement de la classe politique à gauche est indubitablement un facteur important du désaveu des électeurs. Il est un des éléments principaux ayant amené le parti socialiste à se scléroser. Le non-cumul des mandats, tant dans le temps que dans les fonctions, ne doit plus être un slogan de circonstance. Il doit devenir une réalité que s’impose à tous. C’est la condition essentielle du renouvellement des têtes et des idées, et à l’émergence de nouvelles générations. Il ne doit pas être perçu, à l’instar des primaires comme une fin en soi mais comme un instrument pour bousculer la gauche. Nous n’avons pas besoin d’instruments de marketing électoral, ce qu’il nous faut c’est dépasser les cadres, là où se gagne la vraie légitimité aux yeux des français. Ce combat, nous devons le porter au sein de la famille socialiste. Il n’est envisageable que par la promotion d’un véritable statut de l’élu (permettant de garantir des moyens d’actions et un équilibre entre la vie publique et le parcours professionnels) et une meilleure reconnaissance des collectivités territoriales par l’Etat, ne nécessitant pas d’être parlementaire pour pouvoir défendre l’intérêt de sa population.

Réformer notre mode de relation avec les partenaires sociaux est un impératif. On ne peut se contenter d’un partage des « tâches » ne servant ni l’un, ni l’autre. Nous devons devenir leur voix, clairement et sans ambiguïté, partout là où nous pouvons la porter. La double appartenance des militants ne suffit plus. Proposons aux syndicats de participer, avec d’autres, à l’élaboration d’un programme social pour 2012.

Autant que les partenaires syndicaux, c’est à la société civile que nous devons nous ouvrir : aux associations, aux collectifs, aux mouvements, partout où s’engagent les citoyens dans la vie publique, nous devons être présent et créer la gauche du quotidien.

III. La place du MJS dans cette transformation

La séquence politique qui est devant nous est majeure : refondation du Parti Socialiste, union de la gauche, congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes… Nous avons donc une responsabilité historique.

Ce que les uns et les autres ont pu porter ces dernières années, il s’agit maintenant de le réaliser. Si la gauche doit s’ouvrir, si la famille socialiste doit changer, le Mouvement des Jeunes Socialistes ne peut se contenter de donner des leçons. Puisqu’il s’agit de la nécessité impérieuse d’une véritable remise en cause de notre militantisme et peut-être d’abord de nous-mêmes, le Mouvement des Jeunes Socialistes ne saurait ni ne pourrait ne pas s’y engager pleinement. Notre organisation doit changer et s’adapter aux combats politiques de demain.

C’est pour cela qu’à l’ouverture de ce prochain congrès, notre démarche est de prendre part à ce changement, sans a priori ni préalable.

Intenter une nouvelle forme de gouvernance pour le MJS, c’est vouloir le rendre plus efficace, plus réactif, plus inclusif et donc plus démocratique. Notre organisation se doit de se tourner vers l’extérieur, s’ouvrir aux associations, travailler en lien avec la jeune gauche. Nous souhaitons l’organisation rapide d’assises de la jeune gauche, ainsi que l’ouverture de grands chantiers ouverts également sur la société civile grâce à des conventions nationales trimestrielles organisées sur l’ensemble du territoire.

Dans ce cadre, nos instances nationales doivent impérativement évoluer vers plus de transparence et d’efficacité. Trop souvent, nos débats sont stériles, fait d’oppositions claniques et de postures politiques. Ne pourrions-nous pas par exemple, au sein des différents cadres de notre organisation, envisager que certaines organisations associatives, syndicales et politiques puissent assister et intervenir dans nos débats pour qu’une réelle confrontation d’idées s’amorce ?

La place du MJS au sein de la gauche est de porter des combats pour la bousculer, pour la transcender et pour la transformer. Porter les primaires à gauche, ce n’est pas porter le mode de désignation d’un candidat. C’est prendre conscience que la famille socialiste, à elle seule, n’incarne pas la gauche. C’est vouloir créer les conditions de l’élaboration d’un projet de société légitimité par la mobilisation durable du plus grand nombre. C’est se faire souffrance pour dépasser nos propres cadres, nos pratiques politiques et nos traditions militantes. C’est accepter que les rapports réciproques entre nos structures et les citoyens ont changé et qu’il s’agit aujourd’hui de les réconcilier.

La relève, ce n’est pas le combat d’une génération qui remplacerait la précédente, forcément ou nécessairement plus incapable. La relève, c’est ceux qui aujourd’hui prennent conscience des impératifs dont dépend notre survie. C’est ceux qui aujourd’hui, veulent dépasser les combats d’hier pour construire ensemble, à gauche, les conditions des victoires politiques de demain, en France et en Europe.

Télécharger la contribution : La Relève : le par(t)i du changement

Camarade, choisis ton mandat !

19 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

Dans moins de 10 mois, les socialistes vont une nouvelle fois se présenter devant les citoyens pour solliciter leurs suffrages. En détenant 20 régions sur 22, la gauche a réussi à créer sur ces territoires de réels espaces de solidarité. Bénéficiant d’un bilan très positif, la gauche doit néanmoins envoyer un marqueur de modernité et renouveau. Pour cela, un élément doit figurer dans le projet des socialistes, le non cumul des mandats.

Parce qu’une gauche moderne est une gauche qui s’attelle entièrement à sa tache et à ses responsabilités.

Parce qu’une gauche moderne est une gauche qui réussira à incarner le changement et le renouveau sur ses listes en mettant aux responsabilités de nouvelles têtes

Parce que  nous voulons faire de ces territoires de véritables laboratoires pour engager l’alternative à la droite.

Pour toutes ses raisons, le Mouvement des jeunes socialistes, par la voix de son président s’engage à exiger du Parti socialiste que ses listes aux élections régionales respectent le principe du mandat unique des parlementaires. Ainsi, nos camarades parlementaires devront choisir leur mandat.

Reprendre le combat de l’écologie

19 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

Nous entrons dans une crise écologique sans précédant. L’utilisation intensive des ressources naturelles non renouvelables menace l’autonomie énergétique des populations actuelles et des générations futures.

Cette crise n’est pas une fatalité. Il existe des modes de production et des modes de vie alternatifs, compatibles avec une conception durable du développement. Avant d’être technologiques, les barrières à franchir sont sociales et politiques. Sociales car les mœurs, normes et habitudes freinent les changements comportementaux. Politiques, car les pouvoirs en place au sein de l’Europe, n’engagent pas d’action significative en faveur d’un développement durable. Certes le parlement affiche un consensus sur l’urgence du sujet. Mais dans les faits, les politiques environnementales restent essentiellement nationales.

Nous proposons donc une formation à l’écocitoyenneté dés le plus jeune âge, notamment au sein des cursus scolaires. L’école forme les citoyens, elle doit maintenant former des éco-citoyens.

L’écocitoyenneté doit s’accompagner d’une politique de promotion des énergies renouvelables et de co-développement à l’échelle mondiale. Cette promotion doit se faire à l’échelle européenne avec pour objectif l’autonomie énergétique de tous les bâtiments. A l’échelle planétaire, il faut favoriser la transmission de ces technologies aux populations dans le besoin. Cet altruisme préservera l’équilibre écologique de la planète car il permettra aux pays pauvres de se développer sans passer par la phase d’industrie polluante que les pays riches ont traversée au XXe siècle.

Enfin, l’Europe doit se doter d’éco-normes contraignantes. Il faut obliger les entreprises à adopter des processus productifs peu polluants, à développer des produits peu énergivores et recyclables. Pour éviter la délocalisation des industries polluantes, nous proposons une promotion de ces critères au niveau international, notamment de l’OMC, par le biais d’un grand sommet environnemental. Avec ce procédé, non seulement l’Union se contraint à adopter des comportements respectueux de l’environnement, mais elle contraint ses partenaires économiques à ne pas opter pour une politique de dumping environnemental.

Parce que préserver l’environnement c’est tout simplement sauver nos vies, le MJS se doit de porter haut et fort ce combat !

L’Europe : un rempart face à la précarité des jeunes

19 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

Le constat est criant. Au-delà des maux de la jeunesse française, c’est bien l’ensemble de la jeunesse européenne qui souffre d’une précarisation, fruit d’une politique libérale outrancière et démesurée. La perte de débouchés, l’enchainement des contrats précaires, la paupérisation de toute une génération, émanent d’un phénomène transnational de désintérêt pour l’avenir des jeunes par les gouvernements libéraux.

Face à cela, l’Union européenne n’a su ni palier les carences de ses Etats membres, ni proposer de véritables solutions d’avenir, durables et novatrices. Les conservateurs qui dirigent l’Europe, n’ont su manifester que complaisance à l’égard du libéralisme international et volonté manifeste de faire perdurer un système qui coupe littéralement la jeunesse de tout espoir d’émancipation.

Une autre politique est cependant possible. Un politique volontariste, qui fait de l’avenir des jeunes, citoyens européens, une question majeure. Des mécanismes peuvent être enclenchés pour répondre à cette précarisation latente des étudiants, jeunes travailleurs, ou jeunes démunis, partout en Europe.

Les Etudiants, promis pour un grand nombre, à un avenir sombre sur le marché de l’emploi, et les jeunes travailleurs enchainant des contrats de courte durée ; devront tous pouvoir bénéficier d’une allocation leur permettant de s’émanciper, et de vivre leur entrée dans le vie active sereinement. Cette allocation devra prendre en compte un certain nombre de critères, tels que les revenus du jeune (pension alimentaire…), permettant ainsi un caractère dégressif en vue d’une plus grande équité. Une telle mesure aurait avant tout pour but d’aider les jeunes dans leurs études, et d’amener les jeunes travailleurs précaires à obtenir un emploi stable.

Si les étudiants et les jeunes travailleurs forment une part importante de cette génération précaire, les jeunes démunis d’emplois et de diplômes souffrent, en sus de cette précarité européenne d’un véritable vide juridique : pas d’accès au RMI avant 25 ans, pas d’allocation chômage, pas de véritable possibilité de reprendre une formation ou d’entreprendre, exclusion totale et marginalisation. Outre la généralisation d’une prime pour l’emploi de ses jeunes, l’Europe doit pouvoir mettre à leur disposition un véritable capital de départ qui, sans condition de ressources aucune, devra leur permettre d’entrer de plein pied dans la vie active, de renouer avec la construction d’un avenir différent de ce que l’Europe libérale leur promet.

Pour une sécurité européenne de l’emploi

19 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

La crise économique que nous vivons montre la nécessité d’avoir une politique européenne de l’emploi. Dans tous les pays, des entreprises ferment, provoquant des licenciements massifs. Il faut donner à l’Europe les moyens de combattre le chômage.

Premiers touchés par les licenciements, les jeunes européens d’aujourd’hui sont aussi ceux qui peinent le plus à s’insérer dans le marché du travail. Quelque soit leur niveau de qualification.       Lors du dernier scrutin européen, un lien évident a été fait entre l’absentions et la catégorie socioprofessionnelle. Pour eux, l’Europe doit pouvoir être le cœur d’un politique de l’emploi, sinon, elle n’a plus de sens.

À l’image du traité de Maastricht, les gouvernants doivent négocier un traité sur l’emploi définissant des critères (emploi des jeunes, parité, insertion des étudiants sortant des Masters professionnels, …). Par ailleurs, il convient de conditionner les licenciements sans forcement rétablir les autorisations administratives (proposition de reclassement, requalification, plein emploi d’ici 5 ans, …). En outre, il serait utile d’instaurer un Conseil européen de l’emploi. Ce dernier réunirait les Ministres du travail, les syndicats européens et les chefs d’entreprise.

Pour une véritable identité européenne

18 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

Les élections pour le parlement européen connaissent un taux de participation de plus en plus faible. Cette année, il est de 42.9%. La France est elle-même en dessous de cette moyenne, connaissant une abstention record de  59.5%. Au delà du problème de la représentation démocratique au sein des institutions européennes, se pose la question de l’intérêt des citoyens à l’Europe.

C’est assurément dans la promotion d’une prise de conscience d’une identité européenne  que se trouve la réponse. Il faut susciter l’intérêt des peuples pour l’Europe, leur faire prendre conscience de leur appartenance à une identité supranationale. Et cela dès aujourd’hui, car la victoire aux prochaines élections européennes ne reviendra qu’à un parti qui s’est inscrit dans la durée dans une logique européenne.

C’est pourquoi le MJS propose plusieurs orientations pour ébaucher cette identité.

Nous demandons une plus grande publicité des projets européens. A l’image de l’Espagne qui indique la hauteur des financements de l’Union pour ses projets publics, nous voulons que l’ensemble des collectivités territoriales informe leurs administrés des différentes aides financières européennes. Dans le même ordre d’idée, les chaînes de télévision  publiques se doivent de consacrer une part de leur temps sur l’actualité européenne et de l’Europe (rappelons que les  journaux télévisés des chaînes publiques ont consacré moins de 2% de leur temps aux questions européennes). On peut imaginer par exemple un ratio obligatoire dans les journaux télévisés consacrés à cela.

De plus, l’Europe, si elle veut contribuer à l’établissement d’une identité européenne, doit fixer les mêmes modalités de vote pour tous les Etats membres et donc fixer un seul jour commun comme date pour celui-ci. En outre, pour des élections à une échelle européenne, un scrutin par région est hors de propos dans le cadre actuel de l’UE, le MJS propose donc des listes Européennes, permettant l’émanation d’une véritable conscience collective autour de l’enjeu du scrutin.

C’est pourquoi le MJS doit s’engager à instaurer une semaine thématique sur l’Europe autour du 9 mai. Il doit s’agir d’un temps fort où, chaque année,  le socialisme réaffirmera son engagement européen en parlant d’Europe aux européens.

Nous devons de plus afficher clairement dans nos débats notre volonté de porter les questions européennes au plus haut devant les citoyens, et ce sans attendre la campagne de 2014, car l’identité européenne ne peut plus être une façade clientéliste, elle doit devenir un véritable idéal.

Vers une autre politique de l’immigration : Une avancée pour l’Europe, une vision pour le Monde.

18 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

Nous, jeunes socialistes européens, sommes convaincus que le retour de la gauche en Europe ne passera que par l’ambition d’un projet et le courage des idées. Le premier des terrains que nous avons abandonnés est celui de l’immigration, ou plus globalement du phénomène migratoire intra et extra européen.

Le projet des droites européennes, nous le connaissons : logique de criminalisation du phénomène migratoire de manière populiste et sécuritaire. Loin de considérer l’immigration comme une chance, celle-ci a peu à peu été utilisée comme une arme au service de la démagogie aboutissant à des inepties, telles que « l’immigration choisie », fondement idéologique d’une discrimination d’Etat.

Il nous apparaît essentiel de décrypter les migrations comme un double échange et non comme une soumission à un phénomène subi. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la migration, ses causes et ses effets. C’est en prenant en compte la situation du migrant dans son pays d’origine et les motivations de sa migration qu’il faut agir.

En s’attachant à comprendre la situation des pays dont sont issus les migrants, en conduisant des politiques novatrices, volontaires, progressistes, démocratiques de co-développement avec ces États, il est possible de rehumaniser les phénomènes migratoires.

Cette volonté doit être couplée avec une véritable politique européenne, cohérente et tolérante, des flux migratoires : valoriser les échanges multipolaires, développer l’accueil des migrants dans des conditions de vie en conformité avec les droits de l’Homme, voilà les enjeux de l’Europe de demain !

Trois propositions peuvent aller dans le sens d’une redéfinition de la politique migratoire de l’Union Européenne :

  • La création de critères objectifs de régularisation conduisant à une harmonisation européenne du droit d’asile, du regroupement familial et de l’accès au territoire de l’Union de manière générale (afin de pallier les inégalités inhérentes à la confrontation des législations internes en la matière)
  • La création d’un statut de réfugié européen
  • L’ouverture d’un fonds européen, prenant potentiellement la forme d’une ONG européenne, destiné à promouvoir des aides matérielles et humaines, des projets communs de développement du territoire sur les pays dit en développement, la promotion de la démocratie et l’aide aux partis démocratiques, l’aide à l’agriculture et à l’emploi…

Les mesures sur le logement : un enjeu majeur pour les étudiants et jeunes travailleurs

18 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

La crise en France et dans l’ensemble des pays européens touche principalement les jeunes. L’absence ou la vétusté d’habitations ajoutées à la précarité qui affectent les  jeunes, amplifient leur exclusion. Se loger est un droit, et il est aujourd’hui nécessaire de lui donner une valeur juridique. Les propositions du gouvernement en matière de logement (maisons et appartements à 100 000€) sont une catastrophe urbanistique et environnementale et ne répondent pas au premier problème : le « sans-abrisme » grandissant des jeunes. Les conditions de vie que des milliers de jeunes doivent endurer, dues à une vraie pénurie de logement, sont inacceptables. Enfin, une Europe qui veut promouvoir ses échanges et son cosmopolitisme intra-zone, ne doit pas se limiter à la symbolique du programme ERASMUS ou à la création de diplômes communs. Elle doit plutôt commencer par faciliter la mobilité des étudiants et des jeunes en général, par l’amélioration de l’accès au logement pour les jeunes, qu’ils soient travailleurs ou étudiants.

Les réponses à apporter sont diverses : l’application d’une loi type SRU dans toute l’Europe, le financement de rénovations, la construction massive de logements adaptés aux étudiants, apprentis et jeunes travailleurs. La seule réponse possible est une politique européenne globale du logement en lien avec les secteurs de l’urbanisme et de l’environnement.

Il est nécessaire de prendre des mesures d’urgence pour surmonter la crise sociale actuelle. Mais il faut aussi penser au long terme et aux futures générations d’étudiants, d’apprentis et de travailleurs. L’accès au logement facilité et les aides nécessaires distribuées en parallèles sont essentielles pour le dynamisme social, économique et culturel en Europe. Le fait d’être jeune ne doit pas être un frein mais une opportunité. Il est désormais temps de changer de logique, et de mener une politique européenne positive portant une volonté d’unification de la zone, afin de solidariser et de fédérer. Cela passe surtout par un changement de cap, par l’intensification du sentiment européen et donc par l’abandon de la politique européenne hypocrite de la droite.

Si le problème du logement n’est pas traité rapidement, il va créer une ghettoïsation des villes et un séparatisme social qui sera néfaste aux enjeux européens annoncés.

Le co-développement : un bouclier anti crise

18 juin 2009 - Leave a Response

Résolution présentée au Conseil National du MJS du 20 et 21 juin 2009.

La crise économico-financière n’a pas de frontières et s’étend au-delà de l’Europe pour toucher catastrophiquement les pays en voie de développement et les pays pauvres. La distribution des richesses au niveau mondial est, dans les années à venir, un défi pour les pays industrialisés et notamment pour l’Europe devant avoir pour objectif de garantir la paix mondiale. A la migration du travail pourra s’ajouter à terme, les migrations dues au réchauffement climatique ou à la réduction d’espaces de vie, ou encore au non partagent des terres.

Pour faire face à ces questions, le gouvernement entend ériger de véritables murs tout autour de l’Europe : annulation de la dette des pays en voie de développement et des pays pauvres, expulsions du territoire français des migrants en fixant un quota de reconduite à la frontière et « aide » au retour volontaire avec la directive « retour ». Toutes ces décisions n’ont qu’un seul but, éloigner le problème sans apporter des réponses concrètes.

Nous, jeunes socialistes, devons trouver des solutions pour que l’Europe devienne un espace de promotion de la paix et de la liberté. Ainsi, réduire les inégalités entre Nord et Sud et redistribuer les richesses au niveau mondial sont les défis de demain pour l’espace européen. Un autre modèle de développement économique basé sur le développement humain durable pour les Etats du Sud, en Afrique notamment, doit être envisagé afin d’éviter toute logique de rentabilité autant financière que sociale. Ce modèle doit avoir un sens effectif dans la mesure où actuellement les fonds versés pour les pays en voie de développement et les pays pauvres ne profitent pas toujours à un Etat, à un peuple, mais à une bourgeoisie locale qui le gouverne. La criminalisation de l’Etat est une conséquence de la politiQue menée par la France notamment, voyant dans ces pays des « pré carrés » à conserver. Redonner une crédibilité à l’Etat dans ces pays est essentiel face à une idéologie libérale qui tend à considérer que là, l’Etat n’est pas la solution, mais le problème.

Ce co-développement doit être impulsé au niveau européen, et surtout pour montrer que l’Europe a un sens social. C’est également un devoir et l’Europe doit être capable de faire face aux responsabilités qui lui incombent.